Cette période a bouleversé le quotidien de l’ensemble de la population. Mais dans ce contexte, il semble que les immigrés aient vécu plus difficilement les bouleversements relatifs à la pandémie. En effet, il a été montré que la prévalence de la maladie ainsi que la mortalité liée au virus étaient supérieures au sein de ce groupe par rapport à la population majoritaire. Même si l’application des gestes barrières a été mieux respectée par les immigrés, leurs conditions de vie plus dégradées peuvent expliquer les résultats précédents.
Par conséquent, on constate que les immigrés ont été plus vulnérables durant la pandémie. Cependant, peu d’études se sont intéressées au vécu de la pandémie et des impacts perçus sur la santé. Il semble donc pertinent de s’intéresser aux conséquences de la Covid-19 sur la santé des personnes ayant survécu à l’épidémie. Tom Perret évalue les effets auto-déclarés de la pandémie sur la santé chez les immigrés et les natifs.
A partir des données du Baromètre Santé 2021, deux impacts sont étudiés : l’un sur le moral et l’autre sur l’état de santé. Les résultats mettent en avant des impacts plus importants de la pandémie chez les immigrés. Le moral, qui permet d’approcher l’état de santé mentale des individus, a été particulièrement affecté. En effet, plus d’une personne sur deux, quel que soit le statut migratoire, déclare un impact. L’écart entre les deux groupes est plus élevé pour l’impact sur l’état de santé (8 points de pourcentage). Les analyses suivantes ont mis en avant un effet explicatif important des conditions de vie des individus. Ces résultats renforcent donc l’hypothèse d’un effet non négligeable des conditions de vie sur l’état de santé, hypothèse au fondement de l’étude des inégalités sociales de santé.
Tom Perret présentera ces résultats lors d’une communication au XXème colloque de la CUDEP, qui aura lieu à Bordeaux du 2 au 5 juin 2026.